Les démarches pour venir étudier en Belgique : le cas des étudiants non européens

non européensTu envisages de venir étudier en Belgique dans l’enseignement supérieur.

Quelles sont les conditions et les démarches que tu dois effectuer en vue d’obtenir le titre de séjour qui te permettra de réaliser ton projet ?

L’étudiant ressortissant d’un état non membre de l’Espace Economique Européen (hors EEE) devra obtenir une Autorisation de Séjour Provisoire (ASP) pour pouvoir venir étudier en Belgique. Il doit pour ce faire remplir plusieurs conditions.

La demande doit se faire soit à:

-l’Ambassade ou au Consulat belge dans le pays d’origine;

-l’Administration Communale en Belgique.

Via l’Ambassade ou le Consulat belge

Les documents suivants doivent être fournis :

-une copie du passeport national valable au moins un an;

-une attestation  d’inscription ou de pré-inscription ou encore d’admission dans un établissement d’enseignement organisé, reconnu ou subsidié par les pouvoirs publics (autres possibilités voir ci-dessous dans les conditions d’études) ;

-une preuve de moyens de subsistance suffisants;

-un certificat médical;

-un extrait de casier judiciaire.

Via l’Administration Communale

La demande peut se faire directement en Belgique lorsque :

-l’étudiant se trouve déjà en Belgique sous couvert d’un séjour légal en Belgique. Il faut alors utiliser la procédure de « changement de statut ». Il doit en outre être en possession d’une attestation d’inscription définitive en qualité d’étudiant régulier et résider effectivement sur le territoire de la commune auprès de laquelle il introduit sa demande;

-l’étudiant peut justifier de circonstances exceptionnelles l’empêchant ou rendant très difficile son retour au pays d’origine, et ce même de manière temporaire. Il s’agit de la procédure sur base de l’article 9bis.

Les conditions d’études

Les études doivent se faire soit :

– dans l’enseignement supérieur de plein exercice (type court, type long, universitaire) dispensé dans un établissement qui est organisé, reconnu ou subsidié par les pouvoirs publics ;

– dans l’enseignement à horaire réduit, à condition que l’étudiant justifie que ces études constituent son activité principale et qu’il s’agit de la préparation ou du complément d’un enseignement de plein exercice ;

– par une année préparatoire à l’enseignement supérieur (telle qu’une 7e année spéciale en « Sciences » ou « Mathématiques », ou une année visant à approfondir la connaissance d’une de langue nationale) ;

Attention: dans l’enseignement officiel supérieur de type court ou long, seul 1% d’étudiants hors EEE régulièrement inscrits sont pris en compte pour le financement de l’établissement scolaire. Celui-ci plafonne donc les inscriptions d’étrangers hors EEE pour ne pas dépasser ce petit pourcentage, ce qui restreint les places disponibles.

– soit dans l’enseignement de promotion sociale, si l’établissement est reconnu, subsidié, ou organisé par les pouvoirs publics et les cours sont de niveau supérieur (sauf s’il s’agit d’une année suivie afin d’approfondir la connaissance d’une des langues nationales) ;

Attention : il faut entendre par «cours de niveau supérieur» : un graduat (baccalauréat) de promotion sociale correspondant à un graduat (baccalauréat) de l’enseignement supérieur de plein exercice, ou un graduat (baccalauréat) qui n’est pas dispensé dans l’enseignement supérieur de plein exercice (graduat en optique-optimétrie), ou d’une formation de type « post-graduat », « spécialisation », ou « perfectionnement », pour autant que l’étudiant soit porteur d’un titre de gradué de l’enseignement supérieur ou d’un titre équivalent. De plus, le graduat (baccalauréat) doit être organisé en 3 ans minimum, en cours de jour, sur 40 semaines par an.

– soit dans un établissement privé qui dispense un enseignement qui n’a pas d’autre équivalent en Belgique dans l’enseignement organisé, reconnu ou subventionné par les pouvoirs publics. Si l’étudiant prévoit de faire ce type d’études, le droit au séjour n’est pas automatique. L’administration fera un examen individuel de la demande en tenant compte de plusieurs critères objectifs.

Attention : les études secondaires complémentaires (actuellement seules les études pour obtenir un « brevet d’infirmier » sont organisées) ne donnent pas droit à une autorisation de séjour.

Preuves du statut d’étudiant

Le statut d’étudiant est démontré soit par :

-une attestation d’inscription en qualité d’étudiant régulier ;

-une attestation d’admission ou de préinscription aux études ;

-une attestation d’inscription en vue d’un examen d’admission ;

Attention : dans les 2 derniers cas, dans un délai de 4 mois de l’entrée sur le territoire, une nouvelle attestation doit confirmer que l’étudiant est bien inscrit en qualité d’étudiant régulier.

Les conditions de santé

Un certificat médical prouvant que l’étudiant n’est pas atteint de maladies graves doit être produit.

La loi définit comme maladies graves : tuberculose, syphilis, autres maladies infectieuses ou parasitaires contagieuses, toxicomanies, altérations psycho-mentales grossières.

Les conditions de sécurité

L’étudiant ne peut être susceptible de poser des problèmes d’ordre public à la Belgique. A partir de 21 ans, il doit donc apporter un extrait de casier judiciaire constatant l’absence de condamnation pour crimes ou délits de droit commun, de moins de 6 mois et couvrant au minimum les 5 dernières années.

Malgré cela, l’accès au territoire peut être refusé, si l’étudiant est notamment considéré comme pouvant compromettre la tranquillité publique, l’ordre public ou la sécurité nationale ou s’il a été expulsé ou renvoyé de Belgique depuis moins de 10 ans.

Les conditions financières

Les moyens financiers dont dispose l’étudiant doit pouvoir couvrir ses soins de santé, ses frais de séjour, d’études et de rapatriement pour au moins une année académique. En 2015-2016, l’Office des Étrangers considère qu’une somme de minimum 617 €/mois est nécessaire.

Cette autonomie finançière peut être démontrée soit :

  • Par une  attestation déclarant que l’étudiant est bénéficiaire d’une bourse ou d’un prêt ;
  • soit par un engagement de prise en charge, pour un an, ou pour la durée des études, par une personne physique ou morale belge ou étrangère, résidant en Belgique ou à l’étranger;

Attention : le garant doit disposer de ressources suffisantes stables (soit un revenu minimum de 1.767 € (1000€ + 617 €) + 150 € par personne à charge.

  • soit par les revenus propres de l’étudiant (max. 20h/semaine de travail étudiant, permis de travail C hors congés scolaires ou pour effectuer des stages obligatoires);
  • l’étudiant démontre qu’il est propriétaire de biens immobiliers qui génèrent une rente régulière, ou qu’il possède un compte bancaire régulièrement approvisionné, dont le solde est supérieur à 7 404 EUR (617 EUR x12) et peut être transféré sur un compte en Belgique. Une autorisation de transfert bancaire irrévocable doit être fournie.

    Dès son arrivée en Belgique, l’étudiant doit ouvrir un compte et l’approvisionner régulièrement de manière à disposer chaque mois de 614 EUR net.

    La prolongation de la carte de séjour ne sera accordée que si des versements réguliers ont été effectués sur ce compte durant l’année écoulée et que la somme de ces versements est supérieure à 7 368 EUR (614 EUR x12).

    (b) le versement d’une somme d’argent sur un compte bancaire de l’établissement d’enseignement supérieur où l’étudiant est inscrit ou admis à s’inscrire.

    Certaines universités exigent que les étudiants versent sur un compte bancaire une somme censée couvrir la première année d’études. Cette somme est ensuite reversée, par tranches mensuelles, sur un compte ouvert par l’étudiant après son arrivée en Belgique.

    Dans ce cas, l’étudiant dépose une attestation établie par l’établissement d’enseignement supérieur et portant sur le versement d’une somme d’argent et son reversement mensuel.

Lorsque l’étudiant arrive sur place

Inscription à la commune dans les 8 jours ouvrables de l’arrivée.

Deux possibilités :

-Si l’étudiant est bien inscrit dans un établissement d’enseignement pris en compte, il recevra un titre de séjour en principe valable un an. Il peut néanmoins avoir une validité supérieure ou inférieure à un an puisqu’il expire le 31 octobre de l’année qui suit sa délivrance (sauf rare exception, par exemple si le cycle d’étude se termine en janvier).

-Si il fourni une attestation d’inscription à un examen d’admission, ou une attestation de demande d’équivalence de diplôme, il reçoit alors une attestation d’immatriculation valable 4 mois à dater de la date d’entrée sur le territoire, en attendant l’inscription définitive dans une école. La preuve de cette inscription définitive doit être fournie avant l’expiration de ce délai de 4 mois.

Le renouvellement du titre de séjour

Se présenter à l’Administration communale au plus tard entre le 45 et le 30e jour qui précède la date d’expiration du titre de séjour, c’est-à-dire en général avant le 1er octobre

Les documents suivants doivent être fournis :

  • une nouvelle attestation d’inscription comme étudiant régulier dans un établissement d’enseignement ;
  • une attestation certifiant que tous les examens de l’année précédente ont bien été présentés, sauf motif valable (par exemples : maladie grave, décès d’un proche, etc.) et donc en ce compris la 2ème session éventuelle;
  • la preuve des moyens de subsistance suffisants, sauf en cas de prise en charge valable pour toute la durée des études.

Le changement d’orientation

Il est nécessaire de le justifier auprès de l’Administration communale. Il n’est pas conseillé de modifier « trop souvent » son orientation, sous peine de voir son titre de séjour non renouvelé.

Le refus de renouvellement

Dans certains cas, l’Administration communale ne peut pas renouveler elle-même le titre de séjour.

Notamment :

-lorsqu’il y a des doutes quant à la situation administrative ou à l’inscription de l’étudiant ;

-si l’étudiant est aidé financièrement par un CPAS ;

-si le garant n’est plus le même ;

-si les propres revenus de l’étudiant changent ;

-si le séjour étudiant dure depuis plus de 6 ans ;

-etc.

La prolongation excessive des études ou l’absence aux examens sans motif valable, entraînent presque automatiquement un OQT.

Quid en cas de refus de séjour ou d’Ordre de Quitter le Territoire

Lorsque l’autorisation de séjour est refusée, un recours en annulation peut être introduit endéans les 30 jours auprès du Conseil du Contentieux des Etrangers. Ce recours est suspensif : l’étudiant ne peut donc être éloigné du territoire tant qu’il n’a pas été examiné.

L’étudiant, dans l’attente d’une décision sur le fond, obtient alors un séjour temporaire, matérialisé par le document « annexe 35 ».

Si un OQT est délivré  pendant la durée du séjour, le recours est identique mais doit alors s’accompagner d’un recours en suspension. Le séjour n’est donc pas assuré pendant la procédure.

Le Médiateur Fédéral peut aussi être interpellé : http://www.federaalombudsman.be/fr

Philippe De Bel

Infor Jeunes Laeken