Paroles de jeunes : mixité sociale, école et baskets

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Ikram Elkirat (20) fait des études d’assistante sociale en Haute Ecole, Julien Deschamps (22) est étudiant en sciences politiques à l’ULB. Ils ont tous les deux joué des rôles de premier plan dans « Romeo et Juliette, Génération Basket » et le défilé « Du bonnet d’âne au chapeau de la réussite », qui a suivi la pièce. Cette expérience a nourri leur réflexion sur la mixité sociale. Rencontre avec nos deux jeunes comédiens.

Infor Jeunes Laeken : vous avez joué tous les deux dans Roméo et Juliette Génération Basket. Qu’est-ce qui vous a motivé pour jouer dans cette pièce ?

Ikram : pour ma part, c’est en faisant mon stage à Infor Jeunes Laeken, où j’ai été amenée en tant que future assistante sociale à traiter notamment des situations d’exclusion scolaire, que j’ai pris connaissance de l’ampleur du problème des inégalités et du manque de mixité sociale à l’école. J’ai réalisé que c’était une cause importante à défendre, et la pièce « Roméo et Juliette.. » a été une opportunité pour m’investir.

Julien : moi, je trouve que la pièce est un outil super intéressant pour sensibiliser les gens au droit scolaire. De manière plus personnelle, ce qui m’a stimulé, c’est le fait de pouvoir jouer avec des comédiens du Magic Land Théatre. J’avais vu plusieurs spectacles de cette compagnie, et j’avais adoré !

Infor Jeunes Laeken : Pourquoi cette pièce vaut- elle la peine d’être vue, selon vous, par les jeunes et les parents ?

Ikram : la mixité sociale et le problème des inscriptions scolaires sont souvent un souci tant pour les jeunes que pour leurs parents. Les refus d’inscriptions que vivent de nombreuses familles sont préoccupants, et il n’est pas normal que des élèves issus de la diversité soient stigmatisés. L’apprentissage du droit scolaire est un élément essentiel pour pouvoir se défendre, mais aussi pour faire évoluer les mentalités. Ce que la pièce contribue à développer.

– Julien : Oui, je trouve aussi que la connaissance du droit scolaire est essentielle. C’est pour cela que le débat qui a fait suite à la présentation de la pièce est très utile aussi, car cela permet au public de mieux s’approprier le message et les informations de droit scolaire qui ont été énoncées.

 Infor Jeunes Laeken : avez-vous des suggestions en vue d’améliorer ce spectacle ?

– Ikram : je pense que la pièce devrait être présentée dans les écoles, ainsi que dans les associations qui luttent en faveur de la mixité sociale. Sur le contenu de la pièce, je n’ai rien à ajouter sur le récit et les dialogues, si ce n’est qu’il y aurait lieu d’imaginer un dispositif qui permettrait au public de participer directement.. Ce qui permettrait de booster les effets de sensibilisation et de prise de conscience.

Julien : On pourrait jouer cette pièce dans le cadre d’un théâtre – forum, par exemple.

Infor Jeunes Laeken : c’est quoi le théâtre-forum ?

Julien : C’est une forme de théâtre où les spectateurs peuvent venir sur scène et prendre la place de certains acteurs afin de rejouer un passage de la pièce avec leur propre ressenti. Cette méthode rend les jeunes et le public en général plus pro-actifs par rapport aux enjeux du spectacle.

Infor Jeunes Laeken : quels sont, pour vous, les points positifs de la mixité sociale à l’école ?

-Ikram : le positif, c’est bien sûr qu’elle amène les différents publics à se fréquenter, et, donc, à casser le repli et l’entre-soi. Dans une ville multiculturelle comme Bruxelles, il est indispensable aujourd’hui que chacun acquiert un savoir sur la culture de l’autre !

-Julien : oui, la mixité sociale tend à réduire les inégalités et à ouvrir les ghettos et à décloisonner les réseaux.

Infor Jeunes Laeken : selon vous, qu’est-ce que les écoles devraient faire pour créer davantage de mixité sociale ?

-Ikram : En finir avec la sélection, le tri à l’entrée au moment de l’inscription. Quelle que soit ta culture d’origine, il faut arrêter avec les stéréotypes ! Tant du côté des responsables des écoles que des familles.

– Julien : elles devraient faciliter beaucoup plus l’intégration des familles précarisées. En instaurant davantage de rattrapage dans leur programme, et aussi en favorisant des dynamiques d’entraide et de solidarité dans les apprentissages, où l’objectif deviendrait : réussissons ensemble !

Propos recueillis par :

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken