Edito : Décret Marcourt, la rentrée avec des cheveux en bataille et des questions en pagaille

De l’inquiétude dans les yeux, des questions en pagaille, deux étudiants dialoguent dans les couloirs. On pourrait se croire dans un polar ou dans un roman d’espionnage, tant leurs échangent paraissent codés. « Tes prérequis, ils ont accepté de les convertir en corequis ? Oui …. Ah et à quelles conditions ? » « Et toi, Actiris a accepté ta dérogation alors que tu n’as plus 27 crédits à engranger ? Je ne sais pas encore..  »

Z’avez pas tout compris ? Normal, les arcanes des décrets Marcourt et « finançabilité » sont nombreuses. La technicité de ces textes n’est plus à démontrer. Elle rebute même, provoque migraines et perplexité.

Mince ! Mais de quoi sera donc fait mon avenir ? Que répondre à l’assistant social du CPAS qui m’interroge sur ma réussite scolaire ? J’ai pourtant tenté de lui expliquer que le système ne fonctionnait plus en année, mais par cycles, » bloc »et unités de compétences.. Je lui ai dit qu’il s’agissait de personnaliser mon parcours. Peu au fait de l’actualité, il a fait mine de me croire, toutefois il a voulu me revoir et me donner un nouveau rendez-vous dans un avenir proche. Quand j’ai tenté de lui expliquer que je ne maîtrisais pas encore mon horaire et que j’avais des crédits qui s’ajoutaient aux nouveaux crédits, j’ai senti que sa confiance en moi, était en train de s’effilocher..

Pourtant, je n’ai pas menti, je ne fais que répercuter les informations qui m’ont été données. Dure, dure la vie d’étudiant ! Et je ne vous dis pas tout : j’ai dû aussi demander à ce que mes prérequis puissent être transformés en co-requis. Encore heureux qu’il n’existe pas de post-requis !

Enfin moi ça va, mais mon amie Prudence, elle, elle cumule les difficultés, elle doit obtenir, pêle-mêle, une inscription en Haute Ecole, l’équivalence pour son diplôme, un titre de séjour et vérifier dans quelles conditions elle sera finançable. C’est à un vrai parcours du combattant qu’elle va devoir se livrer. Je lui ai d’ores et déjà offert des vitamines et des antidépresseurs..

Bon, il est temps que je vous laisse, je vais tenter de finaliser ma demande de bourse d’étude en ligne. On n’arrête pas le progrès, finit la version papier, vive les réseaux saturés et les bugs en cascade. Zen, je voudrais rester zen …..

Chantal Massaer, Directrice

Infor Jeunes Laeken

 

2 réponses à Edito : Décret Marcourt, la rentrée avec des cheveux en bataille et des questions en pagaille

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