Edito : Décret Paysage, ballade en zone de turbulences

téléchargementL’automne voit traditionnellement les étudiants réintégrer leur Haute Ecole ou leur université. Si les feuilles mortes se ramassent à la pelle, c’est en plein brouillard que certains étudiants sont  littéralement plongés. En effet, la complexité des décrets – « Paysages »  et « étudiants finançables » – est telle qu’elle génère  confusion et insécurité.

Les étudiants ne savent plus à quel saint se vouer, les services des inscriptions des universités et des hautes écoles sont sur les dents, tandis que nous sommes assaillis de questions des uns et des autres : « J’ai obtenu une moyenne de 50% cela  suffit-il pour que mon année soit réussie ? »  « Je dois doubler mais ais-je encore la possibilité de présenter des crédits relatifs à l’année suivante ? » « Mon minerval va-t-il augmenter très prochainement ? » « J’ai raté deux fois ma première, puis- je encore m’inscrire ? » Et bien d’autres..

Afin de trouver des réponses claires à toutes ces questions, je ne puis que vous inviter à lire  avec beaucoup d’attention les articles qui suivent. En effet, le moins qu’on puisse dire c’est que le Décret Paysage et ses corrolaires n’invitent  pas à une ballade insouciante dans ses verts pâturages..

Si la presse à largement fait écho au changement  des conditions de réussite, elle a peu fait état des autres paramètres modifiés par la réforme.  Les conditions de réussite ont évolué de sorte que, si  auparavant pour passer son année, l’étudiant devait avoir un minimum de 10 sur 20 dans chaque matière ainsi qu’une moyenne générale de 12, aujourd’hui la moyenne globale nécessaire à la réussite à été ramenée  à 50%. Si cette mesure semble claire il est difficile d’en mesurer l’impact exact. Par exemple, la question se pose de savoir,  à l’aune de cette réforme, comment seront évalués les « balances » accordées, et  sera –t-il plus aléatoire d’en bénéficier ou non ?

Dans bien d’autres cas, la question préliminaire qui se pose est de savoir si la réforme s’applique déjà à votre situation ou non. Quid des étudiants qui ont satisfait en septembre avec une moyenne de 50% ?  Qu’advient-il des étudiants  qui n’ont pas réussi  leur année ? Est-il avéré ou non qu’ils ne peuvent plus présenter des matières de l’année suivante ? Suis-je encore finançable ou non ? Dois-je me référer pour le savoir à mon cycle de formation ( bachelier ou master) ou à  mon année d’étude ?

En effet : on remarquer en outre que les réformes introduisent comme référentiel incontournable le cycle de formation, qui vient se substituer à l’année de formation.  Cette question revêt toute sont importance  pour déterminer notamment  si vous êtes un étudiant finançable, et  si vous avez satisfait ou non à votre cursus  scolaire.

C’est ainsi que le programme d’étude  s’organise dorénavant par cycle composé de 180 crédits pour les bacheliers et de 60 ou 120 crédits pour les masters.

Cette modification organisationnelle  est censée  générer plus de souplesse  et rendre l’enseignement modulable.  Elle a des implications sur les possibilités de réussite, ainsi  sur que les perspectives d’emprunter ou non « des passerelles » vous donnant accès à d’autres types d’études.

Notons également que la date limite d’inscription dans l’enseignement supérieur a été fixée pour tous au 31 octobre. C’est la règle,  toutefois,  celle-ci  supporte  des exceptions. D’ores et déjà, des étudiants en difficulté à cet égard nous ont contactés.

Pour le 31 octobre, il est  demandé à l’étudiant de fournir les documents permettant son admissibilité, et de s’acquitter de 10 % du montant de l’inscription. Le solde devra pour sa part être apuré au plus tard pour le 4 janvier.

Le décret paysage dans sa volonté de remodeler  l’enseignement supérieur a également instauré une fédération chargée de chapeauter les établissements de la Communauté française,  en vue de favoriser leurs collaborations. Il s’agit de l’ARES, l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur

Cet édito vous a baladés à travers les zones de turbulences décrétales, mais il y a fort à parier que celle-ci nous réservent encore bien des surprises, et qu’à l’heure actuelle personne ne maîtrise tous les arcanes de cette législation.

Il est véritablement dommage et dommageable que la rentrée ait dû se faire dans une telle insécurité juridique et organisationnelle. La technicité même de cette réforme, que nous découvrons,  laisse  peu de place à l’analyse critique. Gageons que l’avenir  nous permettra de mieux appréhender ses conséquences..

Chantal Massaer, Directrice

Infor Jeunes Laeken