Toxicomanies, entre infos et intox

Infor Jeunes Laeken et Radio Panik diffuseront une série d’émissions qui aborderont le thème des dépendances et des toxicomanies. Concept de ces émissions : l’information et la prévention par les jeunes et pour les jeunes.

La première émission sera diffusée ce lundi 11 avril 2011 de 17h à 18 h sur 105.4 FM ou http://www.radiopanik.org

Emissions-radio  réalisées  par des jeunes et Infor Jeunes Laeken sur Radio Panik

105.4 FM ou sur http://www.radiopanik.org

Thèmes des émissions :

1e émission (11 avril 2011 de 17h à 18h. Rediffusion : 27 avril 2011 de 8h30 à 9h30) : Qu’est-ce qu’une dépendance ?  Quel est l’impact des dépendances sur l’individu et sur la société ?

2e émission (mai 2011): l’alcool, les médicaments, et les drogues illicites

3e émission (juin 2011) : le jeu et les cyberdépendances

 

Autour de l’émission du 11 avril..

Sarah, Julien, sophie, Salah et les autres, nos jeunes journalistes en herbe  tenteront pour cette première émission de cerner le phénomène des dépendances et de poser un cadre général à la problématique.  Pour ce faire, ils mèneront l’enquête, en recueillant témoignages, interviews, micro-trottoir, en interrogeant aussi la littérature scientifique sur le sujet, mais aussi en se référant à la musique, la poésie, le slam.. Ils auront notamment comme expert invité, Juliette Vilet, psychologue à l’ALSBL Le Pélican.

 

Contexte et enjeu du projet

Sous le vocable commun de « prévention des assuétudes » l’on peut trouver des pratiques très variées, des priorités de valeurs fort différentes. A n’en pas douter, il existe, par exemple, entre les pratiques du « Patriarche » et l’ASBL Modus Vivendi, plus que des nuances. Pour notre part nous accorderons un intérêt particulier aux pratiques de prévention par les pairs, et aux pratiques qui excluent toutes formes de jugement.

Pour rappel, Infor Jeunes Laeken avait déjà mis sur pied (avec Radio Campus) l’année précédente  une série de sept émissions radiophoniques consacrées à la violence amoureuses chez les jeunes.

La particularité de cette démarche réside pour l’essentiel dans sa méthodologie. En effet, toutes ses émissions ont été réalisées par et pour les jeunes. De ce fait ces émissions ont permis d’aborder la problématique des violences amoureuses chez les jeunes sous des angles nouveaux, et cela à partir d’un ton et d’un langage qui leur est propre.

Fort de cette expérience, un noyau de jeunes s’est approprié un savoir-faire, voire une certaine expertise, en matière radiophonique, et en conséquence, il souhaite réitérer l’aventure.  A ce noyau de base s’ajouteront pour cette deuxième aventure d’autres jeunes (orientés par l’ASBL Itinéraires AMO).

En termes de dynamique, il est intéressant de pouvoir approfondir et remodeler une première expérience basée sur la participation des jeunes. La participation étant un processus, il importe de donner du temps à celui-ci.

Beaucoup de jeunes  avec lesquels  nous travaillons, se disent fatigués voire irrités d’être de simples objets d’analyse et ou de discours. S’il est clair que les jeunes rencontrent des problèmes dans notre société, ils souhaitent toutefois ne pas voir « leur classe d’âge » être systématiquement vécue comme problématique, voire comme porteuse d’un danger potentiel. Après tout, les jeunes peuvent difficilement être tenus pour responsable, pèle- mêle, des expériences totalitaires qui ont marqué le vingtième siècle, du réchauffement climatique, de la crise des subprimes, de la TV- réalité ou du chômage endémique.

C’est  dans cette perspective visant à restaurer les réalités des publics jeunes et à sortir d’une dichotomie somme toute très confortable, qui fait de l’adulte un être responsable et d’un jeune un facteur à risque, que nous entendons traiter aussi des questions de dépendances ou d’addictions. Confrontés à une société toujours plus complexe, en perpétuelle mutation , mais qui peine à offrir un modèle de société crédible, durable et juste les jeunes sont-ils surexposés aux dépendances ?

Entre mythes, rumeurs, stéréotypes et réalités, les jeunes mènent leur investigation. A la fois objet et sujet de leur devenir, ils entendent passer au crible de l’esprit critique le mal-être qu’on leur prête. Il s’agit donc entre autre pour eux de déterminer, de cerner et de comprendre, qui-dit-quoi-de-qui, qu’elles sont les points de vues, les hypothèses de départ qui animent les chercheurs, les professionnels de la jeunesse ou de la santé, qu’elles sont les valeurs qui les guident, etc.

Du reste au-delà des apparences, ils souhaitent vérifier leurs propres hypothèses, à savoir : les nouvelles générations sont peut-être moins dépendantes, qu’on ne se plait à le croire ; qui sait si celles-ci n’ont pas développé des comportements résilients qu’il serait intéressant d’étudier.

Sans tabou, sans angélisme et en ne pratiquant pas le déni, les jeunes se proposent d’explorer la problématique suivante : La dépendance, entre information et intoxication.

Cette problématique sera notamment déclinée à travers les thèmes suivants : toxicomanies, tabagisme, alcoolisme, cyberdépendances, dépendances affectives, dépendance au GSM, etc.

A l’instar de « Prospectives Jeunesse», ils se demanderont aussi si la société n’abrite pas des dépendances socialement valorisées comme l’éventuelle dépendance au sport ou encore le work -alcoolisme ».

Enfin, en lien avec leurs expériences antérieures, ils passeront tous ces phénomènes au crible du paramètre du « genre ».

Il nous faut encore préciser que les aspects novateurs du projet résident tant dans le travail réellement participatif et citoyen des jeunes, que dans la place qu’ils ont résolument voulu donner à l’exercice de l’esprit critique dans l’examen des questions d’addictions.

Poser cette problématique, en tension entre information et intoxication, n’est pas chose courante. Cela requiert courage, lucidité et vigilance. Dans une période qui fait la part belle au discours moralisateur et culpabilisant c’est une belle gageure.

Tout se passe comme si les jeunes, qui mènent ce projet redécouvraient et se réappropriaient le concept de CRAC (citoyen responsable actif et critique).Ce phénomène qui n’est pas une manifestation spontanée, est sans aucun doute le fruit des processus participatifs initiés précédemment. En réalité, c’est le vrai travail d’éducation permanente et de prévention qui est en cours. La finalité du projet se traduit aussi dans le refus de voir stigmatiser les jeunes, au profit du développement d’une image positive d’eux-mêmes.

Contacts : Chantal Massaer (02/421.71.35) chantal.massaer@inforjeunes-bxl.be ou Dounia Baiz (o2/421.71.31) dounia.baiz@inforjeunes-bxl.be

 

Texte : Eric Bruggeman

 

 

 

 

 

Ce contenu a été publié dans Addictions/dépendances, Citoyenneté. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.