« Aucune université en Europe n’est soumise à un système aussi contraignant que le nôtre »

maxresdefaultVincent Blondel, recteur de l’UCL, était l’Invité du samedi de LaLibre.be du 27/8/2016. Voici l’extrait de son interview concernant le Décret Paysage. Le recteur y pointe notamment le nombre particulièrement élevé des modifications qui ont été appliquées au décret depuis sa mise en oeuvre : douze en deux ans..

– L’an dernier vous aviez été très critique vis-à-vis du fonctionnement que vous jugiez laborieux de l’Ares, l’administration qui organise l’enseignement supérieur sur base du décret Paysage. Un an plus tard, cela s’est-il arrangé ?

Avec le décret Paysage, la volonté du législateur fut de redessiner le paysage de l’enseignement supérieur pour qu’il soit plus cohérent et plus ambitieux. Cet objectif, nous le partageons. L’Ares, de son côté, est une institution qui tourne et qui est dirigée avec intelligence. Maintenant, il est vrai que le décret Paysage est un décret qui pèse énormément sur les universités.

– Quelles sont les principales difficultés ?

La première tient au fait que les différents types d’enseignement que sont les universités, les hautes écoles, les instituts supérieurs des arts et les écoles de promotion sociale ont chacun leurs spécificités. Qu’il existe une entité qui les fasse dialoguer est bénéfique, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut leur imposer des règles communes comme le fait le décret. Nous sommes en conséquence contraints dans ce que nous pouvons mener en terme d’expériences pédagogiques ou en terme d’innovations par exemple. Ensuite, nous manquons d’autonomie. Le décret va beaucoup trop loin dans la précision de ce qu’il convient ou non de faire. Je participe ainsi à des réunions où l’on discute du nombre d’initiales que l’on va imprimer sur les futurs diplômes standardisés.

– L’université étant financée, il est normal que vous soyez soumis à un certain contrôle…

Oui, mais ce contrôle devrait se faire dans un climat de grande confiance et sur la base des résultats obtenus par l’université. Pour le moment, on effectue un contrôle total des détails. Nous ne sommes pas dans une dynamique où on évalue la bonne utilisation des moyens publics. Et c’est d’autant plus excessif que le décret subit en permanence des corrections et des modifications. Il y en a eu douze en deux ans, ce qui demande de notre part des efforts monumentaux pour nous y accorder. Enfin, il y a la lourdeur en terme de temps et d’énergie, notamment à travers les très nombreuses commissions. Tout cela appelle à ce qu’un jour on puisse faire le bilan et réévaluer le décret Paysage.

Entretien: Dorian de Meeûs et Bosco d’Otreppe pour la Libre 

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