Non à une réforme des CPAS qui renforce la précarité et le contrôle social !

Le ministre de l’Intégration sociale, Willy Borsus,  veut imposer un service communautaire « volontaire » à tous les bénéficiaires des CPAS. Ce service obligerait donc les bénéficiaires à effectuer un volontariat, et ce en contrepartie de l’aide octroyée par le CPAS. Pareille mesure sera généralisée à tous les bénéficiaires (pas seulement aux jeunes). Moralité: s’y opposer est une urgence sociale et un acte citoyen !

En ce 15 décembre 2016, une opération << sac de couchage>> a été menée à Bruxelles    pour contester la réforme du Ministre Borsus en matière de service communautaire et de dossiers électroniques des usagers (dossiers auxquels tous les CPAS pourront avoir accès, et dont la confidentialité ne sera en conséquence plus respectée).

Les organisateurs de l’action « sac-de-couchage » avaient décidé de s’allonger (au Mont des Arts devant l’entrée du lieu où devait se dérouler le colloque dédié aux 40 ans des CPAS), et ce dès l’arrivée du Ministre Borsus, pour l’obliger à « enjamber ou contourner ceux qu’il méprise ».

Pourquoi une telle action ? Car le projet « Borsus » va à l’encontre de la plus élémentaire déontologie et de la confiance intrinsèque qui doit être porté à la profession des travailleurs sociaux. De fait : l’argument du Ministre concernant la lutte contre la radicalisation nous semble un prétexte fallacieux pour étendre davantage une société de contrôle. Bien pire encore : tout notre système sera impacté par de telles mesures qui augmenteront la précarité de manière catastrophique.

Dès lors, soyons clair : nous disons non au volontariat imposé aux bénéficiaires du RIS et à la levée de la confidentialité sur les dossiers des usagers des CPAS !

En outre, si toute personne a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine, il est essentiel de revoir complètement cette réforme car celle-ci met justement à mal la dignité humaine en  maintenant les bénéficiaires du RIS sous  le seuil de pauvreté.

D’autre part, rappelons une vérité que la réforme fait mine d’ignorer : le métier d’assistant social est un métier exigeant ! Travailler dans le social implique de solides compétences en termes de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être. Aider des personnes, des familles en difficultés ne s’improvise pas : cela s’apprend.

En effet, comprendre des personnes dans leur vécu, analyser une situation, réfléchir sur le pourquoi et le comment agir, prendre de la distance par rapport à ses propres représentations et émotions, sensibiliser le monde politique et l’opinion publique aux réalités rencontrées et aux difficultés vécues par les usagers des services sociaux, constitue bien un apprentissage complexe qui requiert de nombreuses qualités et aptitudes.

Heureusement, la résistance s’organise déjà au niveau des structures du non-marchand !

De nombreuses organisations ont déjà annoncé leur refus de « collaborer » à ce projet socialement pernicieux. Un exemple, et non des moindres : la Croix-Rouge de Belgique a déjà marqué catégoriquement son refus d’engager des « bénévoles » qui lui seraient envoyés par le CPAS dans le cadre d’un tel projet !

En conclusion, nous pensons que l’application d’une telle réforme foule au pied le droit élémentaire à l’aide sociale (par son conditionnement à l’exécution de travaux « volontaires » qui sont clairement des sous-emplois non reconnus comme tels). Nous estimons que cette réforme intensifie sans vergogne le contrôle des individus, tout en accélérant de façon dramatique la précarité.

Germaine Atchon et Dixon Lubikulu

 Stagiaires à Infor Jeunes Laeken

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