Orientation contrainte : c’est pour ton bien mon enfant !

educ_2Refrain connu. L’élève n’est pas en capacité de suivre un programme général, c’est qu’il doit avoir une « intelligence de la main ». Il y a donc lieu de l’orienter vers le technique ou le professionnel, où il pourra s’épanouir..

En termes d’épanouissement, il faut quand même préciser que près de 40% des élèves échouent en 3e année de qualification, et que la tartufferie de l’ « intelligence de la main » ne trompe plus personne. L’orientation contrainte qui a toujours prévalu dans le secondaire – et qui s’est renforcée dans le 1e degré suite au décret récent qui le remanie – consiste surtout à placer en amont un filtre assurant la sélection et la hiérarchisation sociale, à savoir : produire d’un côté des fonctions socioprofessionnelles à forte valeur ajoutée (décideurs, « experts » et spécialistes divers), de l’autre une main-d’oeuvre dont la caractéristique principale est d’être interchangeable et donc jetable (ce qui démontre, au passage, qu’il est inapproprié de vouloir découpler la problématique de l’enseignement de celle de l’emploi, comme certains s’ingénient à le faire).

Le renforcement de l’orientation contrainte a été décidé en avril dernier (Décret du 11/4/2014) avec la mise sur rail de la reconfiguration du 1e degré du secondaire, qui prévoit notamment que ceux qui n’auront pas le CE1D (et donc qui ne pourront pas continuer dans l’enseignement général), recevront une orientation contraignante vers des filières restreintes définies par le conseil de classe ou vers de l’alternance non diplômante (CEFA article 45), ou encore vers une improbable année « joker » 3-SDO. Pour en savoir plus sur ce dispositif et ses arcanes, il y a lieu de se reporter à notre article : http://inforjeunes.eu/decret-1e-degre-changement-en-forme-trompe-loeil/

Trois mois après la publication du Décret en question, paraît en juillet dernier la déclaration de politique communautaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où l’on insiste notamment sur la nécessité d’un « tronc commun » en troisième année du secondaire.. Cherchez l’erreur.

Eric Brugeman

Infor Jeunes Laeken

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