Halte à la désinformation des jeunes et de leurs familles !

Il y a quelques jours, Infor-Jeunes Laeken dénonçait le non-respect du décret inscriptions par des écoles bruxelloises sur la base d’une enquête menée à partir des sites internet des écoles. Pour rappel, sur 49 établissements secondaires, il apparaissait que 18 ne respectaient pas le prescrit légal, en raison de conditions supplémentaires imposées par lesdits établissements pour inscrire un élève, comme par exemples : présenter les bulletins de 5e et 6e primaire, payer anticipativement des frais scolaires, remplir un formulaire « parallèle » de renseignements, demander des renseignements sur la profession des parents, etc.

Il nous semble dès lors incontournable qu’une école qui délivre sur son site web une information qui va à l’encontre du prescrit légal, fût-ce « involontairement », corrige l’erreur commise et rétablisse la juste information. Il nous semble tout aussi incontournable que la ministre ayant en charge les matières d’enseignement, rappelle à l’ordre ces écoles en vue de rétablir ce qui a été prévu par le droit, et, le cas échéant, sanctionne celles qui ne veulent rien entendre. Car, est-il nécessaire de le rappeler, le site internet d’une école est un espace public d’information, et non une plate-forme de communication privée vouée à la désinformation des jeunes et de leurs familles.

Or, quelle ne fut pas notre consternation lorsque débattant de cette problématique devant le parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles ce mardi 15 février, la ministre de l’enseignement « se refusa à parler de fraude » (1) dans le cas de ces écoles. Selon les termes de la ministre, il n’y aurait véritablement fraude qu’à partir du moment où un élève aurait été refusé au moment de l’inscription sur une base illégale. Faut-il dès lors comprendre qu’une information fausse et/ou biaisée – et qui produit donc immanquablement des effets inducteurs de discrimination et d’(auto)dissuasion – n’intéresse pas la ministre de l’enseignement ? C’est  pourtant là que se situent le nœud du problème et le vrai débat, à savoir qu’il n’est pas admissible que des écoles contournent l’esprit du décret (l’égalité de toutes les familles à l’entrée du secondaire), en mettant en place des stratégies de dissuasion, qui opèrent comme autant de « filtres » aux inscriptions !

C’est notre rôle à tous en démocratie de dénoncer ce type de pratiques lorsqu’elles existent. Il n’est donc pas acceptable, comme ce fut le cas ce mardi 15 février au parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, d’entendre la fraction de l’opposition libérale récuser les résultats de l’enquête  au seul motif qu’il ne serait pas du ressort d’une association d’effectuer ce type d’investigation. L’exercice de la démocratie ne passerait-il donc que par l’appareil institutionnel ? Et non par les associations, la société civile, ou le travail de la presse ? Etrange conception de la démocratie, à vrai dire !

Qu’on se le dise : il entre dans la mission d’Infor-jeunes Laeken et de ses partenaires, d’interpeller le politique lorsque des pratiques de ce genre ont cours, et il entre également bien dans nos intentions de continuer dans cette voie !

L’équipe d’Infor Jeunes Laeken

(1)    L’Avenir 16/2/22012 : « Inscriptions scolaires : Simonet refuse de parler de fraude »

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