Promotion sociale : une désinformation lourde de conséquences !

image (87)Ismael n’en revient toujours pas. Il avait entamé en septembre des études supérieures en 1e année de soins infirmiers en Haute Ecole, après s’être inscrit en bonne et due forme dans cet établissement supérieur de plein exercice situé en région bruxelloise.

Depuis le premier jour de la rentrée, il avait suivi les cours avec assiduité, étant totalement motivé par ce choix d’études et par la perspective de devenir un jour infirmier gradué.

Mais voilà, il y a dix jours à peine, la Haute Ecole lui annonce qu’elle doit annuler son inscription et qu’ il ne peut continuer son cursus, au moment même où il était sur le point de démarrer son premier stage en milieu hospitalier. Le projet et les rêves d’Ismael s’écroulent en moins d’une seconde.

Que s’est-il passé ?

Ismael a vingt ans et a eu un parcours compliqué dans l’enseignement secondaire, « pas brillant », comme il dit. Il a décroché du secondaire sans avoir obtenu le diplôme d’humanités inférieures (C2D). Il y a un an et demi, il s’était inscrit à une formation d’employé administratif dans un institut de promotion sociale en Wallonie. L’institut en question lui avait certifié que cette formation lui donnerait le certificat d’enseignement secondaire supérieur (CESS), qui, comme tout le monde le sait, est le sésame pour accéder à l’enseignement supérieur, en Haute Ecole ou à l’université. Et de fait, fin juin 2013, Ismael termine avec fruit sa formation et se voit délivrer une attestation provisoire sur laquelle figure en toutes lettres : certificat de l’enseignement secondaire supérieur.

Muni de cette attestation, Ismael se rend alors dans les jours qui suivent à la Haute Ecole bruxelloise qui organise le bachelier en soins infirmiers et qui l’inscrit, comme il se doit, en 1e année. Tout se passe très bien, Ismael est passionné par ses cours en soins infirmiers, jusqu’au moment où, à la mi-novembre, il reçoit le courrier du service de l’homologation de la Communauté française qui délivre la version définitive du diplôme : il s’agit d’un certificat de qualification (CQSS) et non du CESS ! La Haute Ecole en est informée, et elle ne peut donc maintenir Ismael parmi ses étudiants, puisqu’un CQSS ne permet pas d’accéder à l’enseignement supérieur ! (voir sur ce sujet, Journal de Classe N°13)

Par cette erreur commise, à la base, par l’institut de promotion sociale, Ismael aura perdu non seulement une année, mais il voit tout son projet s’effondrer.

Avec l’aide d’un avocat pro deo (Ismael est allocataire social), il tente à présent d’obtenir par voie judiciaire des dommages et intérêts au pro rata de cette année perdue. Les permanents d’Infor Jeunes Laeken lui ont aussi conseillé de préparer le jury d’admission aux études supérieures paramédicales, en lui indiquant les pistes de formation immédiates qui organisent une telle préparation. De sorte qu’Ismael puisse réaliser son projet professionnel, en dépit de cette année perdue..

Un tel cas n’est, hélas, pas isolé. Au départ, il s’agissait toujours d’une désinformation et donc d’une erreur majeure dans le chef de l’école de promotion sociale et de son pouvoir organisateur. Même si des recours sont possibles, ce type de situation génère des dégâts importants auprès de jeunes déjà fragilisés dans leur parcours de formation et leur situation socioprofessionnelle.

Ce qui ne fait que confirmer l’importance capitale d’une information précise et correcte pour tous.

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken

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