Quand la lutte des classes s’invite à l’école

la belle réussiteIl est des projets de loi ou des décrets qui mobilisent les passions.

Si en France de nombreuses voix s’élèvent contre le mariage pour tous, en Belgique c’est l’école pour tous qui fait débat !

En effet, si la Belgique a adopté sans remous le mariage homosexuel et a ouvert l’adoption à ceux-ci, elle peine encore a faire respecter l’égalité des droits à l’école. Sous couvert d’excellence, de méritocratie, certains vantent encore les mérites d’un système scolaire qui s’apparente trop souvent à une machine à exclure.

Propos de gauchistes, direz-vous ? Pas vraiment : l’OCDE, elle-même (Organisation de Coopération au Développement Economique, qui réunit trente-quatre pays riches, adeptes de l’économie de marché) s’inquiète des dégâts sociaux occasionnés par notre système éducatif ! Triste réalité qui est nôtre. La Belgique Francophone reste la championne européenne des inégalités à l’école. Ce constat alarmant devrait mobiliser le monde politique, associatif et scolaire. Force est pourtant de constater que quand ce n’est pas l’immobilisme qui prévaut, c’est la frange la plus conservatrice de la société qui fait valoir ses intérêts.

Les détracteurs du Décret inscription se sont beaucoup fait entendre. Les médias ont relayé parfois avec complaisance leur point de vue, alors que la réalité des milieux populaire était occultée. Or, depuis des années, nombre de jeunes et de familles modestes se voient refuser l’inscription dans l’école de leur choix. Il est clair que l’inscription constitue un moment-clef de la sélectivité sociale sur le marché scolaire. Il est évident également que l’enseignement à deux vitesses génère l’échec, le décrochage scolaire.

Certes, le Décret inscription est perfectible, mais il faut reconnaître qu’il tente de réguler les inscriptions et de favoriser la mixité sociale.

Pour ce faire le décret prévoit en 1ère année que 20.04% des places soient réservées en priorité aux élèves provenant d’une école primaire dont l’indice socio-économique est faible (Code ISEF). Cette disposition est aujourd’hui encore largement méconnue. L’information et la sensibilisation des principaux bénéficiaires du décret  font encore enjeux. C’est pourquoi, le « Collectif Marguerite », constitué de 26 partenaires, continue inlassablement dans l’espace public, sur les marchés, dans les associations et les écoles, à expliquer le droit scolaire. Vaste tâche ! Tant l’arbitraire est encore trop souvent à l’œuvre.  Ainsi : si le décret prévoit que seul le formulaire d’inscription doit être déposé dans l’école de son 1èr choix entre le 18 février et le 8 mars 2013, de trop nombreuses écoles « souhaitent » encore  que les parents se munissent du bulletin de l’école, rédigent une lettre de motivation, ou encore s’acquittent de frais scolaire à cette étape de l’inscription.

Qu’on ne s’y trompe pas : ces pratiques sont dissuasives, voire parfois discriminatoires.

Cela fait maintenant, trois ans que le décret est acté, homologué ; il importe que les pouvoirs publics en assure la stricte application.  Tel Zorro, Marie-Dounia, l’égérie de la campagne Marguerite,  veille…. reste à l’écoute…elle pourrait bien vous réservez une surprise de taille !

Chantal Massaer

Directrice Infor Jeunes Laeken

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