La réussite à 10/20, pédagogie ou communication ?

log-diplomeL’une des mesures phares du Décret Paysage, en tous cas celle qui a fait la « une » de la presse au moment de sa diffusion, est celle qui touche à la réussite à 10/20 dans l’enseignement supérieur, et non plus à 12/20 de moyenne comme c’était le cas précédemment. Peut-on parler d’une avancée ?

Pour rappel, auparavant l’étudiant devait avoir minimum 10/20 dans chaque cours et 12/20 de moyenne pour réussir son année. A partir de l’année académique 2014-2015, l’étudiant devra obtenir 10/20 pour ses cours, travaux pratiques et stages pour réussir, ainsi qu’une moyenne de 10/20.

Les tenants de la mesure se félicitent que l’on mette fin à l’ « hypocrisie » qui consistait à fixer la réussite à 50% pour chaque cours, et à 60% pour l’ensemble ; ils voient dans cette harmonisation une décision salutaire.

Ceux qui sont hostiles à la mesure, considèrent qu’il s’agit d’un « nivellement par le bas », qui tend à « brader encore un peu plus » les diplômes. A ceux-ci, des recteurs d’universités et des directeurs de Hautes Ecoles rétorquent : « Il n’en est rien. Les enseignants ne baisseront pas leurs exigences. Dans les situations où ils accordaient avant un 12/20, ils attribueront désormais un 10. »

En clair, les enseignants ajusteront leur échelle d’évaluation à la nouvelle mesure. Avec pour conséquences, et non des moindres pour les étudiants, que les décisions risquent d’être beaucoup plus catégoriques : l’étudiant aura soit réussi, soit raté. Point. Les « balances » (passages à la limite, où le jury accordait la réussite au regard de l’ensemble des résultats, alors que la totalité des crédits n’était pas entièrement acquise) auront tendance à disparaître.

Dès lors, la question se pose : cette mesure qui, pour certains, s’apparente à une facilitation de l’accès à la réussite dans le supérieur, ne participe-t-elle pas, potentiellement au moins,  d’une sélectivité et d’un écrémage renforcés ?

Et donc, cette nouveauté en apparence sympathique, comporte-elle une vraie plus-value pédagogique ou est-elle le produit d’appel dans la logique de communication du Décret ?

Eric Bruggeman

Infor Jeunes laeken

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