Groupes fermés sur Facebook ? A vrai dire, pas tant que ça

Coup de téléphone à Infor Jeunes Laeken dans l’après-midi. La maman de Leila nous appelle de la région de Namur, sa fille est en procédure de renvoi définitif : « C’est en lien avec des commentaires que ma fille a publiés sur Facebook, pourtant c’était dans un groupe fermé !?! ». 

Leila est en 5e Générale. Elle et ses copines de classe ont créé un groupe sur Facebook. Un groupe fermé, précise-t-elle ; donc personne d’autres que les membres cooptés n’a accès à la page et à ses commentaires.

Leila et ses camarades ont donc l’habitude de parler de tout et de rien sur cette page, et notamment de ce qu’elles vivent à l’école. Un soir, elles se connectent et partagent, toujours en « groupe fermé », leurs commentaires sur l’enseignant qui a en charge le cours de mathématiques. La veille elles avaient eu un test de maths, et ça avait été le « carnage ».

Leila, qui a déjà eu maille à partir avec cet enseignant, est la plus virulente, elle parle de ce  « gros connard de prof » en émaillant ses commentaires d’injures et d’autres « amabilités » particulièrement salées..

La soirée est « cool », les échanges vont bon train, et Leila continue à se lâcher dans ce « groupe fermé ».

Tout va bien, jusqu’à ce que la maman de Sarah, une des élèves membres du groupe fermé, déboule dans la chambre de sa fille et tombe inopinément sur le « tchat » en cours.

La maman de Sarah jette un œil sur le portable de sa fille et prend connaissance de la conversation en cours. Que dit-elle à Sarah ? On n’en sait rien, mais toujours est-il que le lendemain la maman de Sarah contacte la direction de l’école avec une copie des propos injurieux de Leila à l’encontre du professeur de mathématiques.

Réaction de la direction, qui adresse dans les jours qui suivent un recommandé aux parents de Leila, les informant qu’une procédure de renvoi allait être entamée à l’encontre de leur fille.

« Pourtant, il s’agissait d’une conversation privée dans un groupe fermé ! Et la liberté d’expression alors ? », s’exclame Leila. « Il y a atteinte à la réputation d’un enseignant et à celle de l’école, déclare la direction, la liberté d’expression ne signifie pas que l’on puisse raconter tout et n’importe quoi. En tous cas, injurier un enseignant et porter atteinte à son honneur, cela ne peut être accepté, même lorsque cela s’est produit sur les réseaux sociaux en dehors des heures de cours et en dehors de l’établissement ».

Bien sûr, Leila et ses parents pourront se défendre lors de l’audition que l’école doit organiser pour que les droits de la défense puissent s’exprimer.

Ils pourront mettre en perspectives ce qui s’est passé, expliquer que Leila s’est laissée aller dans une discussion qu’elle croyait confidentielle, invoquer le fait qu’elle n’a jamais été sanctionnée au préalable, dire qu’elle regrette et présenter ses excuses à l’enseignant, rappeler que l’exclusion est une mesure à ne prendre que dans les cas les plus graves lorsque plus aucune autre solution ne peut être envisagée, qu’il y a lieu aussi de prendre en considération l’intérêt de l’élève et qu’une sanction doit toujours garder un caractère pédagogique, et qu’ici en l’espèce une exclusion définitive serait contre-productive d’un point de vue pédagogique, etc.

Quoi qu’il en soit, ce qu’il convient de retenir de cette histoire, c’est que sur les réseaux sociaux il vaut mieux ne jamais publier des choses que l’on ne dirait pas en face à la personne.

En effet, l’anonymat sur internet est une illusion !

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken

 

 

 

 

 

 

 

 

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