Edito : Like me, mais fais gaffe quand même

« La frontière entre vie publique et vie privée a aujourd’hui complètement disparu !  » Ces propos, ce sont ceux de Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, toujours 1e réseau social sur le net avec ses quelque 2 milliards d’utilisateurs.

Gardons toutefois une distance critique par rapport à ce type de déclaration-choc qui vise d’abord à produire des effets de communication. Car si les réseaux ont en effet reconfiguré totalement le lien social au fil des années, et donc notre rapport aux autres, il ne faudrait toutefois pas en déduire que notre espace personnel et privé n’a plus d’existence propre. A charge de chacun de fixer les limites claires qui lui permettront de protéger ce qu’il considère comme son espace privé et personnel.

Mais attention, pas d’illusions ! Ce n’est pas parce que nous avons paramétré finement nos commentaires en mode « amis » que nous sommes à l’abri d’une fuite inattendue de ce que nous avons publié. Même chose pour nos publications dans des « groupes fermés ». Vous trouverez dans ce numéro de Journal de Classe des exemples de situations vécues avec des camarades d’école qui indiquent que, même lorsqu’on croit communiquer d’une manière totalement confidentielle, il arrive que le « pot-aux-roses » soit dévoilé.. avec parfois des conséquences bien peu réjouissantes. Moralité : ne publions jamais sur un réseau à propos d’une personne quelque chose que nous ne lui dirions pas en face, cela permettra de prévenir pas mal de problèmes.

Rappelons-nous aussi ce principe basique du marketing : « quand c’est gratuit, c’est que le produit c’est vous ! ». Facebook n’est pas un organisme humanitaire ou caritatif, loin s’en faut ! Si s’inscrire sur Facebook est gratuit « et le restera toujours », comme le souligne sa page d’accueil, il ne faut pas oublier que vos données (notamment vos clics qui renseignent à chaque fois vos centres d’intérêts et vos habitudes de consommation) sont directement revendus par le réseau social à d’autres sociétés commerciales qui vont vous cibler immédiatement en tant que clients potentiels. Au départ c’est en effet gratuit, mais c’est parce que vous êtes vous-mêmes devenus un produit. CQFD.

Prudence aussi avec les informations contenues dans votre smartphone. Car à partir du moment où vous acceptez les conditions d’utilisation de Facebook, vous donnez officiellement l’autorisation à ce dernier d’exploiter les données personnelles qui lui sont accessibles (et donc toutes celles auxquelles il a accès dans votre téléphone).

Sur une autre échelle, un autre moment possible de transgression de la confidentialité ce sont les requêtes adressées par les gouvernements de différents pays auprès de Facebook en vue d’obtenir l’accès au compte d’un utilisateur. Il faut bien sûr pour cela qu’une procédure judiciaire soit entamée, mais nul ne sait quels sont les types d’ « affaires » pour lesquels le réseau social accepte de lever la confidentialité et donc de livrer  login et mots de passe à une autorité publique. Facebook se déclare « transparent » mais il y a des limites..

Les réseaux sociaux sont de fabuleux outils de communication, de partage et de mobilisation. Hormis l’usage « fun » et convivial des réseaux, il est aussi possible grâce à eux de sensibiliser un nombre impressionnant de personnes en vue de soutenir et de promouvoir des causes généreuses et nobles. La viralité et l’interactivité des réseaux, c’est aussi cela. Mais, par ailleurs, ne perdons pas de vue qu’une fois publiés nos écrits et nos images nous échappent, et que l’anonymat n’est finalement rien d’autre qu’un trompe-l’oeil.

Bonne lecture.

Eric Bruggeman

Infor jeunes laeken

 

 

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