Edito : Les jeunes étudiants pauvres sont-ils tous bêtes et méchants?

Janvier ce mois si particulier durant lequel, chacun d’entre nous reçoit à foison des vœux de prospérité et de bonheur. On aimerait y croire s’imaginer un avenir solidaire et radieux. Toutefois, aujourd’hui plus que jamais, comme nous y invite Gramsci, il nous faudra faire preuve «  du pessimisme de la raison, et de l’optimisme de la volonté ».

En effet, pauvreté et précarité marquent l’horizon de nombreux jeunes. Entre 2005 et 2014, c’est à une hausse de plus de 74% de demande que les CPAS ont dû faire face.

La pauvreté n’est pas encore un délit, mais elle devient progressivement une faute, à tout le moins un défaut d’adaptabilité, le résultat d’une insuffisance ou d’une déficience personnelle psychologique ou sociale. Pour certain, mettre en évidence les mécanismes qui génèrent les inégalités; les exclusions devient incongru, voir obsolète.

Sous couvert de programme personnalisé, contractualisé tel que notamment le Piis, plan individuel d’intégration sociale on culpabilise les personnes en situation de précarité.

A Bruxelles, la pauvreté infantile a pris des proportions indignes d’une société évoluée. Demain nos édiles du gouvernement fédéral proposeront peut-être à nos chères têtes blondes des programmes; des contrats, visant à leur insuffler plus d’esprit d’initiative.

Diable, soyez responsable, sortez de votre misère! En ces temps délétères, on assiste médusé à une valse-hésitation entre le charity busines et conséquence de l’ultra libéralisme, la stigmatisation des pauvres.

L’état, notre société ne saurait être tenue responsable de ces inégalités galopantes. L’érosion de la classe moyenne ne constitue en rien un défi, une situation d’alerte pour une société qui se veut démocratique.

Que du contraire, le bon sens veut que nous combattions avec rigueur l’assistanat. Rendons leur dignité aux jeunes étudiants pauvres et pour cela n’hésitons pas à mieux les contrôler, à leurs « suggérer » des jobs volontaires ou à dévoyer le secret professionnel. Le progrès ne saurait attendre…….

Chantal Massaer

Infor Jeunes Laeken

 

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