Edito : Eléments pour mieux vivre ensemble l’école

ensembleDéjà les examens, et la fin de l’année scolaire à quelques encablures ! Mais, qui dit examens de fin d’année, dit aussi conseil de classe, décisions d’orientation (AOA, AOB, AOC), avec leurs possibilités de passage ou non.

Et donc, la fin de l’année scolaire, c’est aussi le moment où les questions relatives à l’éventualité d’un recours se posent : quand peut-il être envisagé ? Quand ne peut-il pas l’être ? A quoi sert un recours et à quoi ne peut-il pas servir ? Autant d’interrogations auxquelles ce numéro 22 de Journal de Classe s’efforce de répondre avec le maximum de précision, tout en restant direct et accessible dans ses formulations.

A travers le cas vécu de Lucas, nous verrons aussi en quoi la méconnaissance par les écoles de l’information sur les alternatives du système peut être préjudiciable aux élèves, mais aussi à l’ensemble de la communauté éducative dont la tâche est de contribuer, autant que faire se peut, à une orientation optimale des jeunes. Un défi de taille, pour lequel il y a encore bien du pain sur la planche !

Cependant, parler de solutions pour améliorer l’apprentissage et le vivre ensemble à l’école, cela ne peut se faire sans envisager les éléments d’une refonte de notre système qui soit structurel et non plus seulement cosmétique. Pour y arriver, on ne peut faire l’économie d’un élément incontournable : la création d’un véritable tronc commun (le pseudo tronc commun que l’on connaît aujourd’hui opère une sélection en amont en rassemblant ceux qui ont le CEB dans des classes communes, et ceux qui ne l’ont pas dans des classes différenciées). Dès lors, pourquoi un tronc commun  ? Quelles seraient ses caractéristiques ? Comment les politiques voient-ils cette question ? Ce numéro fait le point sur ces différentes interrogations, et pointe la pertinence d’un tronc commun authentique qui allie formation générale et polytechnique.

Il nous semble, en effet, qu’on ne peut se contenter d’agir sur le seul développement des bonnes pratiques pédagogiques, pour nécessaires qu’elles soient (sur ce point d’ailleurs, le ministère de l’enseignement, en collaboration avec l’ULB et l’ULG, a mis au point un dispositif innovant : « Décôlage », que nous évoquons dans ce numéro). Mais, Il y a lieu, aussi et avant tout, de réformer en profondeur la structure et l’organisation de l’enseignement obligatoire, de sorte que soit mis en place un tronc général et polytechnique pour tous jusque 16 ans, et ce afin d’en finir avec une orientation trop précoce vers les filières spécialisées et qualifiantes.

L’orientation vers les filières spécialisées des techniques et du professionnel se fera seulement par la suite, sur base d’un choix positif et non plus sur base d’une orientation contraignante et génératrice de décrochage, comme c’est le cas actuellement à l’issue du 1e degré.

C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que ces filières pourront être pleinement valorisées, et non plus stigmatisées en tant que voies de relégation.

Eric Bruggeman

Infor Jeunes laeken

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