Edito : Education contre barbarie

1490500579L’actualité regorge de faits de barbarie. Nul ne peut ignorer que le Moyen-Orient et particulièrement  la Syrie et l’Irak  sont le théâtre d’une violence inouïe. C’est avec consternation  qu’on apprenait  il y a peu l’exécution du Directeur du site archéologique de Palmyre, Monsieur Khaled al -Assad.

A juste titre, de nombreuses voix se font entendre afin de condamner sans ambiguïté, meurtres , tortures,  attaques à la culture et au patrimoine. Les instances internationales dénoncent sans relâche la volonté affichée de Daesch d’éradiquer toutes traces de culture pré-islamique, et de décourager toute forme de pensées ou de créations divergentes. C’est un grand classique : les régimes totalitaires font de la culture et de l’éducation leurs premiers ennemis. Autres temps autres lieux, mais Goebbels, le chef de la propagande nazie, ne disait-il pas : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver » ?

A l’heure ou la lutte contre le fanatisme et le radicalisme religieux est sur toutes les lèvres et constitue une  priorité du monde politique , il est fondamental que le droit à l’éducation des réfugiés syriens soit effectif. Si cet effort-là, nous ne sommes pas capables de le consentir, si nous ne sommes pas à la hauteur de cet enjeu , nous en payerons le prix fort.

Nos sociétés démocratiques, marquées par la tentation sécuritaire, doivent investir maintenant  dans une école de la réussite pour tous !

Certes, certaines initiatives citoyennes, telle que la très touchante  expérience de «L’école éphémère » menée dans la parc de la Rosée, sont porteuses d’espoir. Nous ne pouvons que saluer le travail mené par le RedLaboratoire , qui nous a donné à voir la vitalité et la soif d’apprendre des petits comme des plus grands.

 Malgré ou a cause du long voyage entrepris, tous les Syriens que nous avons pu rencontrer ont la vie chevillée au corps. En cela , il demeure une magnifique réponse aux forces obscures et mortifères, qui érigent  le martyre en « projet de vie ».

Cependant, cela ne saurait suffire : si nous avons lu dans les yeux  des enfants mille et une envies, nous avons également été frappés par la quasi-absence des pouvoirs publics .

Soyons de bon compte : l’IBGE et ses gardiens de parc réalisent un travail extraordinaire, mais ils ne peuvent à eux seul apporter les réponses adéquates à la scolarité des jeunes.

Il reste qu’une question lancinante nous habite : que fait donc l’Etat, afin d’assurer de manière opérationnelle sa fonction d’Education ? Comment est-il possible de laisser en déshérence l’avenir de nombreux jeunes ? A cela, s’ajoute encore le fait que l’absurde se conjugue parfois à la mesquinerie. En effet, nous avons rencontré à la Rosée , un grand père de 78 ans , malade , qui s’est vu menacé de perdre ses droits au CPAS , s’il ne suivait pas rapidement une formation en français ! A n’en pas douter , à certains moments, notre monde marche sur la tête !

Hors, l’urgence de la situation que nous avons rencontrée à Anderlecht, requiert une action concertée des différents acteurs, et un investissement sans faille de l’Etat. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour susciter cette dynamique. Pour ce faire, nous informerons et tenterons de mobiliser la société citoyenne.  Si cela s’avère nécessaire, nous réflechirons également  à l’opportunité d’ester en justice afin que soit repecté le droit à l’éducation. La Déclaration Universelle des Droits de  l’Homme, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, la Constitution belge consacrent le « Droit à l’Education » . Celui-ci ne saurait rester lettre morte .

Chantal Massaer, Directrice

Infor Jeunes Laeken

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