Des nouvelles places à Bruxelles ? Oui, mais dans quelles conditions ?

batiments

On peut bien sûr se réjouir de la création de nouvelles places dans les écoles, annoncée par le Ministère. 

Mais : un certain nombre de questions liées aux conditions matérielles, logistiques, et d’encadrement, se posent néanmoins..

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé récemment la création, dès la prochaine rentrée scolaire 2014/2015 de 13.750 places supplémentaires (11.250 dans le fondamental et 2.500 dans le secondaire) dans les écoles de la Région bruxelloise, confrontée à un véritable boom démographique.

Ces nouvelles classes s’ajouteront aux 20.000 places déjà planifiées sur Bruxelles par les autorités francophones et flamandes et qui sortiront progressivement de terre d’ici 2017. Toutefois, ces bonnes intentions soulèvent un tas d’interrogations pratiques :

 Où et quand seront créées ces nouvelles places ?  Informer les parents en toute transparence nécessite un calendrier clair, qui renseigne sur le plan d’action mis en œuvre pour créer ces places ;

-quid des installations collectives au sein des écoles,  pas adaptées pour absorber ces nouveaux enfants (cantine, toilettes, salles de sport, …) alors que le constat de la vétusté des installations existantes est de plus en plus posé par les parents et les acteurs de terrains ?

-quid du matériel mis à disposition des enfants (ordinateurs, …) qui devra lui aussi nécessiter de nouveaux investissements conséquents afin que les  enfants occupants ces nouvelles places puissent bénéficier, à tout le moins, des mêmes « outils » que leurs prédécesseurs ;

– ne peut- on pas craindre que les structures modulaires provisoires prévues pour accueillir de nouveaux enfants, dans l’attente d’une réfection en profondeur des bâtiments scolaires existants, voire la création de nouvelles implantations en dur, ne deviennent du définitif, comme cela à déjà été trop souvent le cas dans le passé ?

-La création de nouvelles classes nécessitera, bien entendu,  l’engagement de professeurs, denrée devenue bien rare sur le marché du travail. Ne doit-on pas craindre des classes surchargées ou même des classes sans professeurs. ? Le projet d’allonger la formation des futures professeurs, par le passage de la durée des études de 3 à 5 ans, et ce même si elle part du constat judicieux de la nécessité d’offrir aux futures enseignants une formation plus en phase avec les réalités de terrain, pourrait avoir pour conséquence, à moyen terme, d’accentuer la pénurie déjà bien présente.

Ces questions et constats nous montrent que si la création de nouvelles places scolaires sont très attendues en Région bruxelloise, il sera néanmoins nécessaire de rester vigilants pour que celles-ci le soient dans des conditions optimales en faveur des enfants bruxellois.

Philippe De Bel

Infor Jeunes Laeken

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