Des clés pour un changement rapide

Infor Jeunes Laeken propose des clefs pour le changement

Nous entendons parler de plus en plus de harcèlement, d’inégalité salariale, de sexisme, de violence conjugale et familiale, de féminicide… C’est un sujet qui nous concerne tous qu’on soit femme ou homme, mère, fille, père, frère, sœur voisin, voisine…

Savez-vous que 98% des femmes ont déjà été victimes au moins une fois dans leur vie, de harcèlement de rue, que ce soit sous forme de sifflements, d’insultes, de regards insistants… plus de 50% des femmes ont déjà été victimes de frotteurs : c’est-à-dire d’agression sexuelle, puisqu’il s’agit bien de cela dans les transports en commun. 69% des femmes ont déjà été suivies dans la rue par un homme ou un groupe d’hommes et se seraient senties en danger, selon une étude mondiale réalisée par l’université de Cornell.

En 2014, la Belgique adopte la Loi du 22 mai 2014 « tendant à lutter contre le sexisme dans l’espace public et modifiant la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre la discrimination entre les femmes et les hommes afin de pénaliser l’acte de discrimination ». Elle rentre en vigueur le 3 août de la même année. La loi stipule que « toute personne ayant un comportement ou un geste, en public ou en présence de témoins, visant à considérer une personne comme inférieure ou à la mépriser en raison de son sexe ou encore de la réduire à sa dimension sexuelle, peut être punie ».

Cette loi introduit également le fait qu’une distinction directe fondée sur l’identité ou l’expression de genre est prohibée, au même titre qu’une distinction directe fondée sur le sexe (art. 4 §3 de la loi).

Notre constat est que les inégalités femmes/hommes persistent malgré les mesures prônées par les gouvernements des provinces et des régions en Belgique et ailleurs dans le monde entier.

Avec de fortes mobilisations dans les médias et dans la rue, les changements ne vont pas à la vitesse espérée, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Infor Jeunes Laeken propose quelques clefs pour un changement rapide.

  1. Informer pour comprendre

Les animations dans les écoles sont l’un des moyens trouvés pour sensibiliser les jeunes sur la question de l’égalité homme/femme : que pensent les jeunes de cette problématique ? Croient-ils que ce changement est nécessaire ? Si oui, comment ? Si non pourquoi ?

Informer, sensibiliser, conscientiser la nouvelle génération c’est prendre le pas sur les décisions qui maintiendraient la femme dans des conditions défavorables. Ce n’est pas parce qu’on parle d’un sujet très sérieux qu’on ne peut pas l’aborder de manière ludique.

C’est au travers des jeux, des sketches, des débats mouvants que nous arrivons à visualiser, à mettre dans le concret le sens de ces inégalités.

C’est lors des débats mouvant qu’on décèle une compréhension claire de la différence entre la drague et le harcèlement, là où on entend beaucoup dire: « avec tout ça on ne peut plus draguer ! » on remarque que les jeunes font très bien la différence entre le harcèlement, la drague et l’agression et si eux peuvent le faire le reste du monde peut y arriver.

Le premier volet du travail qui est fait en animation est d’informer les élèves en discutant ensemble des problèmes liés aux pratiques sexistes qu’on remarque dans la vie de tous les jours comme dit ci-dessus le harcèlement dans l’espace public, la répartition des tâches ménagères, la manière d’occuper l’espace public. Par exemple, nous prenons des supports sur ce qui se passe dans la presse et les médias plus particulièrement dans les publicités qui relèguent la femme ET l’homme à de simple objets.

L’objectif général est de faire ouvrir les yeux sur une réalitée souvent méconnue du public et/ou intégrée et parfois normalisée par les traditions et les valeurs conservatrices et/ou communautaires.

2. Déconstruire les idées erronées à l’aide d’outils d’animation

Au travers des sketches, des jeux, des vidéos, des débats dans des animations, nous ouvrons une porte à la déconstruction des idées erronées sur la place de la femme et de l’homme dans notre société. Ainsi, nous dénonçons les assignations sexistes. Les produits « genrés » des supermarchés constituent un autre exemple de la normalisation du sexisme. Cela va des jouets pour enfants à la crème spéciale pour homme.  On remarque que ces produits, avec un certain code couleur sont plus chers et renvoient à une séparation intériorisée : « je ne peux pas prendre le produit bleu, je suis une fille » !

En informant les jeunes sur l’existence des inégalités, de la répartition inégale des tâches, du harcèlement de rue, du sexisme et de l’inégalité salariale, nous pensons faire acheminer les revendications jusque dans des familles et des lieux publics.

Malgré l’existence de la loi du 22 avril 2012 visant à lutter contre l’écart salarial entre hommes et femmes, les choses ont à peine changé. La même fonction occupée par une femme ou un homme ne sera pas payée égalitairement. Certains patrons jouent sur les dénominations de poste pour justifier la différence salariale. En 2019, les femmes employées ont gagné 14,75% moins que les hommes. En 2020 on est à 6% de différence mais cependant la différence existe encore.

A la mise en lumière de ce genre d’inégalité, les élèves sont révoltés. « Faire les mêmes études pour gagner moins c’est injuste, et pourquoi si c’est dans la loi les patrons n’appliquent pas la loi ? si c’est dans la loi ça veut dire qu’ils doivent être puni !, qu’est-ce qu’il faut faire ? »

Que faut-il faire ? Informer, sensibiliser via les animations, les échanges, faites dans les différentes écoles. Mettre en place des moyens pour occuper l’espace public égalitairement.

3. Agir et sensibiliser pour changer les mentalités

Infor Jeunes Laeken va dans les écoles à la rencontre de jeunes femmes et de jeunes hommes de demain. Au travers des animations, ils sont sensibilisés à la question de l’égalité et sont outillés pour qu’à leur tour ils puissent en sensibiliser d’autres. Avec la parade « Sur les pavés, l’égalité », symbole de l’accès égalitaire de l’espace public, marchons, dansons au rythme de la musique, renommons les rues avec les noms de femmes, nous partageons l’espace en offrant des « passeports » permettant d’aller voir des spectacles, des concerts, des matchs de foot masculin et féminin … pour illustrer l’accès à l’espace public égalitaire mais aussi pour donner accès à la culture qui ouvre l’esprit et apporte un changement de mentalité.

Marie-France Berwa

Assistante sociale à Infor Jeunes Laeken

 

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