Atelier : L’égalité de genre à l’école et la déconstruction des stéréotypes

Atelier animé par Patricia Seront du FPS (association féministe militant pour l’égalité de genre, relevant du département associatif des mutualités socialistes )

Compte-rendu de Marie Guillaume, stagiaire à Infor Jeunes Laeken.

 

Sources et documents sur lesquels l’animation des ateliers s’est appuyée :

  1. FDWB: girls days et boys days: guide d’informations
  2. Sexes et manuels scolaires
  3. Femmes prévoyantes: leur analyse de la problématique.

Les stéréotypes sont présents très tôt :

Consigne donnée aux participants : dire ce que l’on pouvait faire ou ne pas faire parce que l’on était fille ou garçon. Synthèse des résultats :

  • La vaisselle (uniquement pour la fille et pas pour son frère), la danse classique (la fille voulait faire du football et le garçon n’était pas du tout doué pour le foot, et les parents ont obligé la fille à faire de la danse et le garçon du foot).
  • Pour les garçons : injonction à la virilité, mais pas vraiment de discrimination. Ou encore pour le permis de conduire mal vu lorsqu’un homme ne le possède pas.
  • Choix des études : une fille voulait faire des études d’architecte et ses parents lui ont déconseillé sous prétexte que ce sont des études trop difficiles.
  • Dans une famille : la fille ne peut pas sortir tard le soir (risque de se faire agresser) et son frère, qui est plus jeune qu’elle, peut sortir.
  • Une fille maquillait son petit frère et l’habillait en fille.. les parents se sont offusqués, arguant que leur fils allait devenir homosexuel.

Quand vos enfants sont nés, comment avez-vous décoré la chambre ? Avez-vous faits une distinction entre fille-garçon ?

  • Pas de choix en fonction du sexe, peint en jaune (plus neutre).
  • Décoration assez neutre, vêtements interchangeables avec jumeaux fille-garçon.

Genre : les différences entre les hommes et les femmes, ces différences peuvent changer dans le temps par la culture notamment. Différences, rôles construits et attribués par la société aux filles et aux garçons. Le genre n’est donc pas fixe.

Sexe : il ne peut pas changer car ce sont les différences biologiques.

On voit très tôt ce qui est attribué aux filles-aux garçons :

  • Montrer une photo d’une chambre rose et une bleue.
  • Une maman qui ne trouvait pas de sous-vêtements avec des super héros pour sa fille.
  • L’école propose directement à une maman d’aller voir une psychologue avec sa fille car celle-ci disait que son zizi allait pousser.
  • Pas évident avec le regard des autres.

En tant que parents, on interprète de façon différente les comportements des enfants en fonction que ce sont des filles ou des garçons.

Sexes et manuels : les filles sont faites pour le domaine de la littérature et les garçons pour les mathématiques. Les professeurs font croire cela aux parents, mais l’école le fait croire aussi aux professeurs. C’est réellement intégré.

Expérience : le test de géométrie :

  • On dit aux enfants que c’est un test de math-> résultat les filles ratent le test et les garçons le réussissent.
  • Et lorsque l’on dit qu’il s’agit d’un test de dessin -> résultat les filles réussissent aussi bien que les garçons.

Catalogue de jouets :

  • Présence de pages bleues et roses.
  • Ecrit : univers filles ou garçons.
  • Il y aura donc un impact si un garçon joue avec une poupée.

Constat (d’un des participants) : la plupart des puéricultrices et des institutrices maternelles sont féminines.

Les stéréotypes sont reproduits par les femmes car ils sont intégrés. La question à se poser où, comment et par quel moyen déconstruire ces stéréotypes ?

Les petites filles qui jouent avec des princesses (belles et passives) et les petits garçons avec des super héros -> les jeunes filles arriveront donc plus facilement à se tenir assises sur leurs chaises en classe. Car les rôles assignés par la société aux filles valorisent la « passivité », tandis que ceux assignés aux garçons valorisent le côté « actif ».

Avant, à l’école, c’était des professeurs masculins qui donnaient cours aux garçons et des professeures féminines donnaient cours aux filles.

Mixité à l’école dans les années 60, devenue obligatoire en 75 dans les écoles publiques.

Constat d’une participante qui réalise des animations en 5-6ème primaire sur la question de l’égalité homme-femme : les jeunes filles disent qu’il ne faut pas avoir de relations sexuelles avant le mariage.

Les habitudes restent : les femmes s’occupent des autres, de leur famille.

Durant une animation, la consigne est d’écrire sur une grande feuille, des insultes entendues -> les 10 premières relèvent du sexisme.

Hyper sexualisation de la femme d’un côté (publicité, magazines, etc.), et par ailleurs elle doit se cacher (relégation dans les espaces et les rôles qui lui ont été assignés)

L’important est de se respecter les uns et les autres.

Rôle stéréotypé d’une femme : être belle, bonne mère et bonne ménagère. -> Reproduction des rôles.

L’école est le produit de la société. La société -> sexiste.

Ecole : gym, toilettes séparées. Les urinoirs ouverts, et donc les hommes n’ont pas d’intimité.

Les différences

Salaires inégaux, pratiques sportives, médias …

Tout se décide à l’école, pousser vers telle ou telle filière (souvent en fonction du genre). Exemple : postes de direction, postes à responsabilité, seront préférentiellement attribués à des hommes …

La loi dit que pour le même poste, on doit gagner la même chose mais dans les faits les choses se passent rarement ainsi.

Exemple : un professeur masculin deviendra plus facilement directeur qu’une femme.  

La femme sera le plus souvent responsable des tâches domestiques.

Conclusion : il y a toujours deux niveaux de lecture: l’individuel et le sociétal. Il faut prendre en compte les deux. Il y a beaucoup de beaux discours par rapport à l’égalité homme-femme mais l’important c’est de changer les choses dans la réalité de tous les jours –en se changeant individuellement mais aussi et surtout en favorisant une démarche collective de changement.

 

 

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