Toutes et tous égaux face au COVID-19?

Femmes ou hommes, les virus ne nous affectent pas de la même manière. Les taux de contamination et de mortalité sont différents mais pas seulement. Par exemple, les soignant·e·s et victimes de violences conjugales – principalement des femmes –  sont plus fortement impactées. 

Taux de mortalité et taux de contamination

Les hommes auraient plus de chance de mourir lors d’une contamination par un SRAS (dont le Covid 19) ou un MERS. Une étude de l’Organisation Mondiale pour la Santé  sur les premières contaminations en Europe fait état de 29% de décès de femmes contre 71% d’hommes. OMS

Les raisons n’ont pas encore été élucidées. Elles pourraient être biologiques ou comportementales. Les femmes ont en moyenne une meilleure réponse immunitaire. De plus, les fumeurs – en majorité des hommes – sont plus faibles face au virus. En Chine, seul 3% des femmes fument, alors que chez les hommes ont est autour d’un sur deux. En Belgique, ce sont 12% de femmes et 18% d’hommes. New York Times et www.belgiqueenbonnesante.be

Bien que les hommes aient parfois un taux de mortalité plus élevé que les femmes face à certains virus, dans beaucoup de cas, ce sont les femmes qui meurent en masse lors dépidémie, par exemple lors de plusieurs épidémie de SRAS mais aussi d’Ebola.

Pourquoi ? Elles sont beaucoup plus nombreuses à être contaminées parce que c’est elles qui prennent principalement soin des malades dans les familles et qui occupent les métiers de soignantes (infirmière·er·s, aide soignant·e·s, médecins, etc.). Slate

Dans le cas du Covid-19 il est difficile de connaître le taux de contamination des femmes et des hommes vu qu’un grand nombre de personnes contaminées n’ont pas été testées et ne sont donc pas comptabilisées. 

Les soignant·e·s

Les soignant·e·s sont en effet une des populations les plus à risque lors d’épidémies étant directement en contact avec les personnes infectées et ne bénéficiant pas toujours de protections adéquates. 

En Belgique, comme ailleurs dans le monde, les soignants sont majoritairement composés de soignantEs : 87% d’infirmières, 92% d’aides soignantes. (Statistiques Annuelles des Professionnels de Soin de Santé en Belgique – 2018). En Belgique, jusqu’à présent, sur les 4.269 contaminations avérées, on trouve environ 170 travailleuse·eur·s des soins de santé et ce n’est qu’un début. RTBF 

En plus d’un risque accru de contamination, elles et ils sont aussi confronté·e·s depuis plusieurs années à un sous-financement du système de santé. Il se traduit, entre autres, par un sous-effectif structurel d’employé·e·s ainsi qu’un manque de matériel de qualité, comme nous le remarquons avec la pénurie de masques et de respirateurs. Le Vif et RTBF

Déjà épuisé·e·s par plusieurs décennies de surcharge de travail et de dévalorisation de la professions elles-ils se retrouvent aujourd’hui à devoir affronter une crise sanitaire majeure tout en étant dépourvu·e·s des ressources humaines, matérielles et de protections pour y parvenir. 

Le Covid-19 a finalement été reconnu comme maladie professionnelle pour le personnel soignant. La Libre Toutefois aucun changement à l’horizon sur les conditions de travail inacceptables (manque de protections : masques et de gants) et les heures supplémentaires qui s’ajoutent sans être comptabilisées. 

D’autres métiers comprenant un grand nombre de femmes peu rémunérées sont aussi envoyés au front et souvent sans protections, tels que les aides-ménagères et les caissières

Certaines femmes sont aussi plus vulnérables lorsque le Covid-19 s’ajoute à des situations déjà très précaires tel que la migration (46% de femmes), la prostitution (80% de femmes) et les violences conjugales (70% de femmes). 

La sécurité sociale est amenée à jouer un rôle majeur dans la gestion de cette crise. Elle est une des forces de notre pays, n’oublions jamais que c’est cette même sécurité sociale que plusieurs partis s’attellent à détricoter.

Les victimes de violences conjugales

Plusieurs appels ont été fait face au danger d’une recrue d’essence des violences conjugales lors des confinements à domicile tel que nous les vivons actuellement. Par exemple, l’association Nous Toutes nous rappelle :

“Être confinée chez soi avec un homme violent est dangereux. Il est déconseillé de sortir. Il n’est pas interdit de fuir”. 

>> En cas de violences conjugales contactez le 0800 300 30 ou écrivez ici

Les expériences de la Chine et de l’Italie nous l’ont appris, les victimes sont plus à risques. 

“L’isolement social des victimes, la promiscuité accrue avec l’auteur·e, les tensions exacerbées par l’incertitude, le bruit des enfants et les potentiels problèmes financiers du couple constituent un terreau particulièrement propice à l’augmentation des violences, aggravé par un accès amoindri aux services de protection et d’accueil.” Hassina Semah RTBF

En Chine, certaines villes ont comptabilisés 3 fois plus de plaintes pour violences conjugales qu’à la même période les années précédentes. 

Les victimes de violences conjugales auront aussi plus difficile à demander de l’aide puisque leur agresseur se retrouvera 24h/24 à leur côté et que certains services d’accompagnements et d’hébergements d’urgence ont été déstructurés suite aux lockdowns. 

L’impact du Covid-19 sur la santé des femmes et des hommes peut donc parfois être différent. Le gouvernement doit réfléchir à l’impact de cette pandémie de manière genrée et apporter des solutions adaptées pour la santé et la situation économique de ses citoyen·ne·s. 

Article de Pauline Grégoire pour Infor Jeunes Laeken et la Campagne sur les Pavés l’Égalité

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