Rentrée : sans école, vraiment ?

A l’heure où la rentrée pointe le bout de son nez et où l’on s’interroge une fois de plus sur ce qu’il advient de « tous ceux qui ne sont pas encore inscrits en 1e secondaire », il y a lieu, pensons-nous, de prendre un peu de hauteur et de resituer la problématique dans une vision plus large.

Tout d’abord, n’oublions pas que, pour l’essentiel, les élèves qui n’ont pas encore d’école en 1e secondaire ne sont pas des « sans école fixe », mais des élèves dont les parents n’ont pas pu obtenir l’école de leur premier choix. Car, il suffit de consulter le site de la FWB http://www.inscription.cfwb.be pour s’apercevoir qu’il reste encore, à l’heure où nous rédigeons, des places disponibles dans de nombreux établissements tant à Bruxelles qu’en Wallonie.

Rappelons-le, le décret inscription prévoit dans sa conception même que les parents fassent le choix de plusieurs écoles au moment du dépôt du formulaire d’inscription, et que ce n’est pas forcément leur premier choix qui émergera au final (car si tout le monde obtenait son premier choix, il n’y aurait évidemment nul besoin de réguler les inscriptions).

Plus fondamentalement, ce qui est inadéquat à cette période de rentrée où l’on s’intéresse aux « sans écoles », c’est l’impasse qui est systématiquement faite sur le manque de places endémique qui sévit dans d’autres filières d’enseignement, et à chaque fois au détriment des familles des milieux populaires et précarisés.

De quelles filières s’agit-il ?

Des classes de maternelle et de primaire du nord de Bruxelles. Des jeunes exclus du secondaire, et parfois déjà dès le fondamental, qui restent souvent deux ou trois mois en décrochage suite à leur exclusion, faute d’avoir trouvé une école pour les accueillir. Ceux et celles dont l’enseignement ordinaire ne veut plus car déclarés « ingérables » ou « inaptes », et qui sont pressés par l’école et le CPMS de rejoindre à marche forcée l’enseignement spécialisé dans des classes déjà engorgées.

De ces réalités de terrain-là, il n’est jamais question, elles sont pourtant le lot quotidien des organisations d’information jeunesse ainsi que de l’aide à la jeunesse.

Chantal Massaer, Directrice

 

 

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