Gesu Squat : un passage à l’acte unilatéral

File photo of Sergio Aruajo from Brazil sitting in the church at the "Gesu Squat" in BrusselsPourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?

Ce sont les questions posées par la Ligue des Droits de l’Homme, le CIRE, Bruxelles Laïque, Médecins du Monde et Amnesty International, dans leur article qui faisait suite à l’expulsion des habitants du Gesu à Saint-Josse :

« La démonstration de force est une violence institutionnelle inutile. Elle provoque des dégâts humains difficilement réparables notamment sur les enfants et fragilise les bases de l’intégration. Comment faire confiance à des institutions qui ont ordonné quelques mois plus tôt que l’on vienne vous chercher à 6h du matin avec boucliers et matraques ? Nos associations regrettent ce qu’elles vivent comme un « passage à l’acte » unilatéral du Bourgmestre de Saint-Josse avec lequel elles avaient démarré un important chantier visant à l’intégration des familles étrangères en très grande précarité errant à Bruxelles depuis des années », précisent les associations signataires de l’article.

Le Délégué Général aux Droits de l’Enfant, Bernard De Vos, quant à lui, a réagi en diffusant ce témoignage :

« Ce matin, pour ne pas rater l’école (si, ça existe!) les cinq préados ont quitté leur maison très tôt parce qu’ils se doutaient qu’ils risquaient d’en être empêchés plus tard. Ils ont sonné à l’école, le concierge n’a pas compris et les a rembarrés. 

Ils sont revenus vers leur maison mais la police était en nombre. Ils avaient froid, ils étaient trempés, ils pleuraient. Après de trop longues discussions, ils ont pu franchir le cordon de police et rejoindre leurs parents. Plus tard, je les ai retrouvés dans leur grande maison , échangé quelques mots, parlé de tout et de rien pour oublier un peu la présence pesante de ces personnages presqu’iréels, bardés de protections comme pour aller rencontrer des métallos en colère. 

Plus tard encore, je les ai retrouvés dans cette grande salle de sport transformée en dispatching d’urgence. Ils ont été rejoints par deux éducateurs de l’école, qui les ont pris par la main, rassuré les parents, discuté avec les responsables communaux et les ont emmenés à l’école. 

Plus tard toujours, la nuit tombait , les cinq étaient de retour dans la grande salle, près de leurs parents. Les éducateurs étaient toujours près d’eux, présence rassurante dans cette journée de cauchemar. J’ai appris depuis, qu’à l’école ils ont parlé, qu’ils ont mangé et surtout qu’ils ont dormi… On m’a dit que demain les éducateurs iront les chercher où ils auront dormi pour les emmener dans ce qui leur reste désormais de chez eux, une école. Une vraie ».

L’article de la Ligue des Droits de l’Homme et des autres co-signitaires, peut être lu dans son entièreté sur : http://www.liguedh.be/2012/1863-expulsion-du-gesu-pourquoi-maintenant-pourquoi-comme-ca-

Quelques images qui parlent d’elles-mêmes, sur l’intervention policière : http://nieuws.vtm.be/binnenland/66677-hardhandige-ontruiming-krakers

 

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