De quoi la crise à l’ULB est-elle le nom ?

image (67)L’ULB passe actuellement par un processus de réforme de sa gouvernance, qui – c’est le moins qu’on puisse dire -, avive conflits et tensions au sein de la communauté universitaire.

Les conséquences et les enjeux de la réforme sont de taille. Il y va, en effet, purement et simplement, du processus démocratique de décision au sein de l’établissement. En effet, le nouveau projet de gouvernance tend notamment à réduire considérablement le pouvoir de la représentation étudiante, ainsi que la représentation des employés administratifs et techniques, dans sa nouvelle structure. De plus, au niveau de l’exécutif, il prévoit de renforcer celui-ci en engageant un nouveau Directeur général, extérieur à l’ULB. En outre, le rôle des « experts » dans le processus de décision devrait également être accru.

Des actions ont été menées lundi soir (13/10) par les étudiants. Celles-ci visaient à interpeller le conseil d’administration sur ce qui relève, selon eux, d’un manque de consultation et de participation démocratique au processus de réforme. Ces actions ont donné lieu à des violences policières disproportionnées à l’encontre d’étudiants (voir vidéo RTBF et article de la FEF) La réunion du conseil d’administration de l’ULB fut quant à elle reportée au jeudi 17 au soir.

Comme l’expliquent dans une publication les Etudiants de Gauche Actifs : « Depuis mars 2012, les autorités de l’ULB préparent en coulisses une réforme qui va changer de fond en comble la direction universitaire. Selon les autorités, son objectif est de répondre plus efficacement aux nouveaux défis que doit relever l’université. Ce processus est défini par les autorités même comme une « réforme structurelle »… Une expression qu’on a déjà entendu quand il s’agit de privatiser les services publics, geler les salaires… » 

Il ne faut pas être grand clerc pour réaliser que la crise de gouvernance par laquelle passe aujourd’hui l’ULB s’inscrit dans une logique beaucoup plus large, amorcée il y a déjà quelques années par la réforme dite de Bologne. Logique technocratique, indexée sur le paradigme néo-libéral dominant, qui vise la subordination de l’enseignement supérieur et du monde de la recherche aux lois de l’entreprise et du management, et dont le fonctionnement a été finement analysé par Renaud Maes, chercheur en Sciences du Travail :http://www.renaudmaes.be/2013/10/16/controle-performances-et-gouvernance/

Dans un tel contexte, une assemblée générale des étudiants s’est tenue jeudi 17/10 à midi sur le campus du Solbosch, afin de faire le point, et de prendre les décisions appropriées quant aux actions imminentes à mener. Il en a résulté qu’une délégation des étudiants se rendrait le jour même à 20h Place Royale, où le conseil d’administration de l’université allait se tenir, pour y demander notamment :

– Le report des décisions sur la réforme

– Un réel débat contradictoire avec l’ensemble de la communauté universitaire

– La condamnation  explicite par le C.A. des violences policières du 14/10

– La mise en oeuvre, conformément aux statuts de l’université, d’un référendum sur la problématique. Ce qui remettrait sur ses deux jambes la démocratie : représentation et participation, et pas seulement représentation !

In fine, on a appris ce jeudi soir  que la requête des étudiants a rencontré une fin de non recevoir, et que la réforme a été votée par la majorité du conseil d’administration. Réforme qui, en tout état de cause, ne constitue qu’un élément du puzzle de la politique technocratique et managériale qui cherche à s’imposer sur l’ensemble du paysage de l’enseignement supérieur et universitaire.

En conséquence, la plus grande vigilance en termes d’information et d’analyse est plus que jamais de mise.

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken

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