Et si la COPI revoyait sa copie ?

imagesRappelez-vous, c’était en septembre 2014 : la COPI nous informait via la presse que les effets du décret Inscriptions en matière de mixité sociale étaient « pelliculaires », voire « microscopiques »..

Une fameuse révélation, n’est-ce pas ? Car, nul n’ignorait qu’en régulant les inscriptions exclusivement à l’entrée du secondaire, on allait créer de la mixité et de l’égalité.. mais à la marge. Et donc, qu’une régulation plus large et dès l’amont, aurait dû s’imposer pour obtenir des effets à hauteur des objectifs de départ..

Mais, ce type de « scoop » n’est pas qu’un pétard mouillé, il a pour fonction aussi d’occulter une réalité empirique vérifiée tout au long de l’année par les acteurs de terrain. A savoir notamment que :

– des stratégies d’écrémage et d’exclusion s’exercent dans le 1e degré du secondaire dans nombre d’écoles qui refusent la mixité sociale

– des familles aisées contournent le décret par le jeu des fausses domiciliations

– le marketing scolaire opère à l’encontre de la mixité (via l’offre de formation scolaire : refus d’organiser des classes différenciées, ainsi que des classes pour primo-arrivants, limiter l’offre au seul général dans les 2e et 3e degrés)

A cela s’ajoute le fait que :

– certaines écoles, comme à Bruxelles-Ville, ont plus de 80% de population ISEF, rendant du même coup ce critère inopérant en termes de mixité

– des établissements, surtout dans le libre, ont vu leur homogénéité sociale se renforcer au détriment de l’hétérogénéité recherchée

La législation n’impose pas aux écoles d’organiser des classes différenciées, et le décret Inscriptions, par ailleurs, ne prend pas en compte la situation des jeunes qui n’ont pas obtenu le CEB en primaire et qui doivent donc aller en 1e différenciée..

Des évaluations école par école seraient donc, en tout état de cause, bien utiles. Car, il convient de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : le décret peut et doit être amélioré.

Certains acteurs, tels que la FAPEO, ont fait des propositions concrètes allant dans ce sens : instauration d’un double quota, prise en compte d’un code ISEF individuel, etc.

Dans de telles conditions, il serait aussi malhonnête qu’inacceptable de dire : «la mixité sociale ne marche pas, passons à autre chose ! », et d’embrayer sur la promotion de la « liberté de choix », qui pour certains n’est rien d’autre que la réappropriation des privilèges et des passe-droits que la mixité sociale tend à remettre en question.

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken

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